Ce que vous pouvez vérifier, ce n'est pas un don
Personne ne peut prouver un don au téléphone, et personne ne devrait vous demander d'en juger en cinq minutes. C'est une impasse : vous n'avez aucun moyen de vérifier, et celui qui vous parle le sait très bien. La question utile est donc ailleurs.
Ce qui s'observe, en revanche, c'est une manière de travailler. L'ordre dans lequel les questions arrivent, ce qui est affirmé et ce qui est laissé ouvert, la réaction quand vous dites que vous voulez réfléchir : tout cela s'entend dès le premier échange. Les points qui suivent valent pour n'importe quel praticien, ici comme ailleurs.
Les signes d'un travail sérieux
Ils tiennent moins à ce qui est annoncé qu'à la façon dont l'appel se déroule.
- Il vous laisse raconter jusqu'au bout. Une situation installée depuis deux ans ne tient pas en trois phrases, et quelqu'un qui vous coupe au bout d'une minute a choisi sa réponse avant de vous avoir écouté.
- Il pose des questions au lieu d'énoncer. Depuis quand, à partir de quel événement, qui était présent, ce qui a changé en premier : ce sont des questions de méthode, pas de la curiosité.
- Il dit quand une affaire n'est pas la sienne. Un dossier professionnel mal monté, une fatigue qui relève d'un médecin, un conflit qui appelle un avocat : le reconnaître lui coûte un client et vous évite des mois perdus.
- Il explique ce qu'il compte faire avec des mots ordinaires. Vous devez pouvoir redire à un proche en quoi consiste le travail proposé.
- Il annonce le tarif avant de commencer, et ce montant ne bouge plus ensuite.
- Il reste joignable après. Un accompagnement qui s'arrête au paiement n'en est pas un.
Aucun de ces points ne vous demande de croire quoi que ce soit. Ils s'observent, et un seul appel suffit à les vérifier.
Les signes qui doivent vous arrêter
Ceux-là reviennent presque toujours dans le même ordre, et ils se reconnaissent facilement une fois qu'on les a lus une bonne fois.
- Un résultat garanti, avec ou sans délai annoncé. Personne ne tient la volonté d'un tiers ni le cours d'une vie : promettre l'inverse, c'est déjà dire quelque chose de faux.
- Un diagnostic en trente secondes. S'entendre annoncer un sort avant d'avoir donné le moindre détail n'est pas une lecture, c'est une phrase qui convient à tout le monde.
- Une peur installée exprès : un danger imminent, un proche menacé, un malheur qui ne s'écarterait qu'en payant le soir même. La peur sert alors à vous empêcher de réfléchir.
- Un montant qui change en route. Un premier prix, puis un supplément, puis un imprévu à couvrir sans attendre : c'est le mécanisme le plus fréquent et le plus coûteux.
- L'obligation de décider tout de suite. Une situation installée depuis des années peut attendre vingt-quatre heures ; on vous presse pour que vous ne preniez pas le temps de comparer.
- Une consigne qui vous demande de rompre avec un proche, ou d'arrêter un traitement médical.
Le point où l'on raccroche
Le dernier point de cette liste ne se discute pas. Si l'on vous demande d'arrêter des médicaments, de renoncer à un suivi médical ou psychologique, ou de couper les ponts avec votre mère, votre sœur ou votre meilleur ami parce qu'ils vous bloqueraient, l'échange s'arrête là. Pas de discussion, pas de second appel pour en avoir le cœur net.
Aucun travail spirituel n'a besoin que vous soyez isolé, ni que vous soyez malade. Une consigne de ce genre ne vous protège pas, elle protège celui qui l'a donnée : une fois vos proches écartés et votre médecin mis de côté, plus personne autour de vous n'est en position de dire que quelque chose ne va pas. C'est très exactement ce qu'elle cherche à obtenir.
Trois questions à poser, quel que soit l'interlocuteur
Première question : qu'est-ce que vous ne pouvez pas faire dans ma situation ? Une réponse immédiate et précise est bon signe. Un silence gêné, ou l'affirmation que tout est possible, vous renseigne tout autant.
Deuxième question : qu'est-ce qui est attendu de moi ? Un travail engage aussi celui qui le demande, ne serait-ce que par des informations exactes et des nouvelles données honnêtement, parfois par des démarches très ordinaires à mener de votre côté. Si l'on vous répond que vous n'avez rien à faire du tout, prenez le temps de réfléchir.
Troisième question : que se passe-t-il si rien ne bouge ? C'est la plus révélatrice des trois, parce qu'elle suppose que l'échec est envisageable. Quelqu'un qui l'accepte vous dira ce qui sera réexaminé, et à quel moment. Un autre changera de sujet.
Ce que vous pouvez noter avant d'appeler
Prenez dix minutes et écrivez trois choses : les faits dans l'ordre où ils se sont produits, avec des dates même approximatives ; ce qui a changé en premier, y compris ce qui semble sans rapport ; et ce que vous attendez réellement de cet appel. Ce dernier point est le plus utile, parce qu'il vous évite d'accepter par lassitude quelque chose que vous n'étiez pas venu chercher.
C'est aussi ce qui rend l'échange efficace. Marabout Djibril écoute la situation en entier avant de dire quoi que ce soit, établit d'où vient le mal, puis annonce ce qui peut être entrepris et ce qui ne le peut pas, tarif compris, avant que rien ne commence. Les appels se font par téléphone et sur WhatsApp, partout en France, à toute heure, en français comme en anglais.
Il m'arrive de terminer un appel sans rien proposer. Quand une explication ordinaire suffit, le dire est la seule chose utile que je puisse faire.
Marabout Djibril